Le journal

La mèche

Le diamètre, la cire, la charge en parfum : comment se choisit une mèche, et pourquoi il faut toujours deux essais.

2 min de lectureL'Atelier des Mains d'Or

On choisit la cire, le parfum, le contenant. La pièce qui décide du résultat coûte quelques centimes et personne ne la regarde.

Une mèche se choisit selon le diamètre du contenant, la cire employée et la charge en parfum, les trois ensemble. Trop fine, la flamme ne fond pas toute la surface, la bougie creuse un puits au centre et laisse de la cire collée aux parois, qui ne reviendra jamais. Trop grosse, la flamme monte, la bougie fume, le verre noircit et l'ensemble se consume en deux soirées. Entre les deux, la marge est étroite.

Il n'existe pas de table universelle, quoi qu'en disent les fournisseurs qui en publient. Chaque combinaison demande un essai, puis un deuxième avec la taille au-dessus, parfois un troisième. On coule, on attend vingt-quatre heures, on allume, on mesure le bain au bout de deux heures. C'est la partie ingrate du métier et c'est elle qui fait la différence entre une bougie qui brûle correctement et une bougie qui déçoit au troisième allumage.

Coton ou bois

Le coton donne une flamme régulière et discrète, facile à rallumer. Il demande d'être recoupé à cinq millimètres avant chaque usage, faute de quoi son extrémité forme un petit champignon noir qui charbonne et salit le verre.

Bougie coulée à la main avec sa mèche centrée et ses décors en cire
Mèche centrée, décors écartés de la flamme.

Le bois crépite, d'où son succès. Sa flamme est plus large et plus basse, il demande un peu de patience au premier allumage, et il faut parfois incliner la bougie quelques secondes pour que la cire imbibe la lamelle. Pour le raccourcir, on casse la partie carbonisée entre deux doigts, elle part d'un coup et proprement. Il ne convient pas à tous les diamètres.

Nous écartons les mèches à âme métallique, reste d'une époque où l'on en trouvait au plomb puis au zinc. Le coton seul et le bois couvrent tous nos besoins.

À quoi se voit une mèche mal choisie : un tunnel de cire, une flamme qui dépasse trois centimètres, un verre qui noircit, un bord qui reste froid après deux heures. Dans une bougie industrielle, c'est un compromis de coût assumé. Dans une bougie artisanale, c'est un essai qui n'a pas été fait.

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L'Atelier des Mains d'Or

Bougies, savons et cosmétiques coulés à la main, 20 rue Pelleport, Paris 20e. Marion anime les ateliers.